Pirés :
attendre ou opérer
?
Une mauvaise réception pour éviter
un tacle en quart de finale de la Coupe d'Angleterre...Une
torsion du genou droit. Un cri et une désillusion.
Robert Pires,
victime d'une entorse avec rupture du ligament croisé
ne disputera pas la prochaine Coupe
du Monde au mois de juin. Ne disputera
vraisemblablement pas...
En effet, les informations trés alarmistes
lundi ont été suivies par des nouvelles plus rassurantes
le lendemain. Pires aurait une toute petite chance
de faire le déplacement en Asie. Son genou n'a pas
encore dégonflé qu'enflent déjà les polémiques...Faut
il ou non opérer ?
A ma droite, Jean-Marcel
Ferret, médecin de l'Equipe de France de
foot. Pour lui, c'est non. Il ne faut pas opérer
en urgence, et attendre de voir l'avolution de la
stabilité du genou. Le milieu de terrain d'Arsenal
aurait alors une petite chance d'être au Mondial.
A ma gauche, le Pr
Jaeger, pour lui, c'est oui. Il
faut opérer et rapidement. Pirés serait alors indisponible
six mois. Adieu Corée et Japon.
L'autre polémique touche la cause
de la blessure de Pirés : les cadences infernales
du foot moderne, le surmenage et les nombreuses sollicitations
des Internationaux.
A ma droite,
Roger Lemerre, le sélectionneur national
"quand un athlète de haut niveau joue avec sa sélection,
en Coupe d'Europe, en Championnat, en Coupe, il faut
être vigilant. Avoir une activité trop importante
set préjudiciable. Vous vous cassez la figure si vous
donnez partout...".
A ma gauche, Arsene
Wenger, manager d'Arsenal, le club ou joue
Pires. Il s'était vivement oppposé aux long déplacement
des Bleus en Australie. Wenger défend l'intéret de
son club et utilise les joueurs comme il l'entend.
Pires paye sa disponibilité et son engagement total.
Jugez plutôt ses statistiques : il court prés de douze
kilomètres par match. Un record. Depuis un an et demi,
il a disputé quatre-vingt matchs. Samedi, son corps
lui a rappelé ses limites...
Stéphane
Tortora
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Réparation du Ligament Croisé Antérieur: urgence
ou non ?
Dr
Ph. Landreau
, Chirurgien (Clinique MOVENTIS , PARIS 75005 ).
Certains évènements de
l'actualité sportive rendent parfois perplexes:
après rupture du ligament croisé antérieur,
certains sportifs sont opérés en urgence, d'autres
plusieurs semaines après l'accident.
Quelle est la meilleure
attitude à adopter?
Pour comprendre cela,
il faut prendre en considération les éléments suivants:
- La réparation après
rupture du ligament croisé antérieur consiste en une
autogreffe (prélèvement
d'un fragment de tendon sur le même genou pour reconstituer
l'ancien ligament) car la suture du ligament est inefficace.
En tant que telle, cette
chirurgie n'est donc jamais urgente.
- Opérer un genou récemment
traumatisé, douloureux, enraidi et inflammatoire représente
une nouvelle agression qui aura comme conséquences
une rééducation plus difficile et plus longue.
Dans l'idéal,
il faut donc attendre que le genou ait retrouvé un
aspect presque normal et que la mobilité soit presque
complète (souvent grâce à la rééducation préopératoire).
Dans ces conditions,
la récupération postopératoire
sera plus rapide et le temps apparemment
perdu entre le traumatisme et la chirurgie (souvent
plus de 4 semaines) sera largement rattrapé par une
évolution normale et une rééducation sans difficulté.
Il faut ajouter que
l'évolution naturelle après rupture du ligament croisé
antérieur est variable: parfois, la récupération est
rapide, surtout en cas de rupture isolée et le genou
est "prêt" pour l'intervention en quelques jours;
dans d'autres cas, en particulier s'il existe une
rupture associée du ligament latéral interne, le genou
restera gonflé et douloureux pendant plusieurs semaines.
- Imposer un délai d'attente
entre rupture du ligament croisé et chirurgie chez
un sportif de haut niveau est affaire délicate car
pour des raisons de calendrier sportif, il est souvent
difficile de lui faire comprendre l'intérêt de ce
délai.
En pratique, il n'y a pas d'attitude
univoque.
S'il s'agit d'une
rupture récente isolée reconnue du ligament croisé
antérieur avec un genou peu gonflé et une
mobilité peu affectée, la chirurgie peut être
réalisée dès que possible afin de compromettre
le moins possible la carrière du joueur.
S'il
s'agit d'une lésion plus importante, ce
qui se voit en particulier en cas d'entorse associée
du ligament latéral interne, il faut temporiser,
mettre le genou au repos, le rééduquer et n'envisager
la chirurgie que quelques semaines plus tard. Un dernier
cas de figure est celui d'une rupture ancienne du
ligament, bien compensée jusqu'alors et qui se décompense
à l'occasion d'une nouvelle entorse (en fait, un accident
d'instabilité). Il n'y alors aucune urgence.
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